MEJNOUN DJERBA

 




 A PARAITRE EN 2024 ... pour la première fois, un seul livre de plus de 750 pages fera la description en texte et en images une sélection (!) de 384 mosquées de Djerba. 



UNE MULTUTUDE DE MOSQUEES 

La tradition populaire attribue à Djerba, appelée familièrement « l’île des mosquées », un nombre de lieux de culte équivalent au nombre de jours de l’année.

En 1941, René Stablo dénombrait 288 mosquées dont 122 malikites et 166 ibadites ; à cette époque, l’île comptait donc une mosquée pour 163 habitants.

La récente recension de Riadh el Mrabet inventorie 254monuments. Le fréquent isolement des lieux de culte et leur multiplicité ont donné lieu à une série d’interprétations. Ainsi, la dispersion des mosquées proviendrait de ce qu'elles doivent correspondre à un cercle dont le rayon peut être parcouru en un quart d'heure, afin que les croyants n'aient en tout et pour tout qu'une demi-heure de trajet pour aller prier et en revenir.

On motive parfois l’abondance des édifices religieux par la piété des habitants et par leur souci de propreté : pour empêcher que ces lieux sacrés ne soient souillés, il aurait été nécessaire de les isoler.

On dit aussi que le caractère individualiste du Djerbien lui fait préférer une mosquée éloignée de son domicile pour éviter toute promiscuité, même s’il doit s’imposer une marche pour aller prier. En fait, leur nombre important se justifie surtout par le rôle vital que jouait autrefois le lieu de prière, même s’il n’était réservé qu’à un groupe restreint, voire à une seule famille.

C'était en effet le centre de toute la vie spirituelle et sociale de la communauté. A l'exemple de la maison du Prophète à Médine, elle servait tout à la fois d'école, de point d'eau, de salle où pou­vaient être prises les décisions et signés les actes notariés, de lieu de rencontre et de repos, de logement pour les visiteurs, de réserve pour la nourriture ou parfois même de local pour la presse à huile collective, quand ce n'était pas d'abri où la population trouvait refuge en cas de besoin.

Toutes les mosquées ibadites remplissaient à l'occasion ces rôles et partageaient également le souci constant d'être les plus sobres, les plus sim­ples possible, appliquant ainsi les plus anciens préceptes islamiques.

Par Virginie PREVOST

Extrait de Djerba, les mosquées ibadites , Cérès éditions, 2018, page 18

 



Ce livre est un objet précieux. Avec passion et rigueur, il associe à la démarche subtile du photographe l'érudition de l'historienne. Les deux nous entraînent à la découverte captivante de l'ibadisme, un rite singulier et des monuments insolites, témoins d'une histoire méconnue. De Ben Hammûda à Tâjdît, en passant par Al-Gallâl, Lûta, Abû Miswar, Al-Bâsî, Sîdî Yâtî, Talâkîn, les auteurs nous invitent à partager leur exploration minutieuse des joyaux de l'architecture ibadite : les mosquées de campagne, disséminées sur toute la surface de l'île, les mosquées souterraines, jalouses de leurs secrets, les mosquées madrasas, gardiennes du savoir et de sa transmission, et enfin les mosquées fortifiées et de guet côtières qui assuraient la défense de l'île. Entre originalité des formes, poésie des lieux et bonheurs chromatiques, la forte identité visuelle de l'architecture djerbienne s'impose dès les premiers pas. On assiste alors à la naissance d'une alliance unique de la figure et de la lumière, de l'intelligible et du sensible. Sous nos yeux, se révèle une autre vision de l'art, à la fois puissante et retenue, sans ors, sans apparats, ni arabesques.

ISBN 978-9973198020 (épuisé)


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